« Au pays des vaches »

par Dorothée Briand  

 

L’idée du reportage

Je suis journaliste dans le milieu agricole depuis deux ans. Avant, je vivais et je travaillais en ville. Mes arrière-arrière-grands-parents étaient paysans, mais je ne les ai pas connus. Je n’avais aucun lien avec le monde agricole. En deux ans, j’ai été plongée dans cet univers à part qui a ses propres réalités, très différentes de celles de la ville : élevage des vaches, tracteurs, concours d’animaux, entraide entre voisins, chasse, etc. La grande pauvreté de certains agriculteurs m’a aussi touchée. Ce sont des gens sensibles et qui ont à cœur de bien faire leur métier, aussi, les accusations de pollution, de maltraitance des animaux les affectent beaucoup. Certains se remettent en cause et changent leurs pratiques, d’autres non.

Depuis deux ans, quand je me rends dans une ferme, il y a souvent un.e jeune d’environ quinze ans qui est stagiaire ou qui travaille avec ses parents. Il/elle sait déjà tout faire, ses parents lui font confiance : elle/il conduit le tracteur, participe à tous les travaux et remplace parfois les adultes. Je voulais connaître le point de vue de ces jeunes sur leur futur métier, savoir s’ils sont sensibles à l’écologie, et comment ils reçoivent les diverses accusations que l’on fait à leurs parents.

Par ailleurs, j’ai voulu situer mon reportage dans une maison familiale rurale (MFR), parce que j’apprécie les valeurs de leur pédagogie. L’apprentissage de ces structures à taille humaine est basé sur le respect des choix des jeunes, le programme adapté à leur profil. Concrètement, en 4e/3e, ils choisissent leurs stages, les discussions avec les professeurs sont régulières et le cadre familial est rassurant. Les parents sont invités à participer à la vie de l’établissement.

Les coulisses du reportage

J’ai découvert la MFR de Mortain à l’occasion d’un article sur la rentrée scolaire. Le directeur Thibault Hawes a naturellement accepté ma proposition de reportage dans son établissement. Il a immédiatement pensé à Lorie pour incarner le « personnage principal ». Je peux dire que ça s’est fait très simplement. J’ai passé une soirée entière à la MFR, chaperonnée par Lorie qui m’a fait visiter l’établissement et qui m’a raconté son quotidien et celui de ses camarades. Après le dîner, j’ai eu une discussion avec plusieurs élèves présents. J’ai presque tout retranscrit dans mon papier parce que les réponses étaient intéressantes et très spontanées. Toutes les difficultés du métier agricole, ils les vivent déjà à quinze ans. Ils ont partagé leur colère et leurs doutes, tout en affirmant leur passion pour leur futur métier.

Ensuite, je me suis rendue dans la ferme des parents de Lorie. J’ai voulu montrer l’atmosphère du travail – tout est très rythmé, précis. En même temps, la ferme c’est aussi un lieu où les enfants peuvent se promener sans interdiction, un lieu de liberté.

Les vidéos

Pendant notre visite de la ferme, j’ai filmé quelques images qui accompagnent le reportage.
Petite note sur la deuxième vidéo : on y voit Lorie dans un « Bobcat », c’est une petite voiture de ferme qui lui est réservée et qui lui permet de rabattre le foin vers les vaches.